Or catégorie.
août 4, 2009

Chère Linéa.
Comme tu le sais sans doute, les vacances ont été pour moi l’occasion de faire ma cure d’Internet, et de profiter pour découvrir ou redécouvrir certaines choses qui me semblaient perdues. Tu sais, le flux incessants d’informations, de multimédias peut parfois mener à une dépréciation de ce qui nous est offert. Trouvant un CD par-ci, l’écoutant le temps d’en trouver un autre par-là, je voltige d’une source à une autre sans prendre le temps de l’apprécier à son juste titre. Du coup, il est plus que probable que ma qualité critique pour la musique (ou les vidéos, ou les article!s – ce qui s’applique à l’un s’applique parfois aux autres), s’en est vue amoindrie, ou tout du moins émoussée.
Du coup, je comptais te faire part de mes derniers coups de coeur musicaux, mais la constatation dont je viens de te faire part m’en empêche inconsciemment. Je ne m’attarderai donc pas sur la sublime voix d’Emiliana Torrini, ou sur les mélodies profondes d’Armand Amar, de même qu’il ne sera ni question de Bebe ou de KT Tunstall. J’aurais trop honte de me poser en un amateur non-clairvoyant dans son analyse de la musique! L’important ne réside pas dans les compétences, me diras-tu, mais dans le ressenti. Si tu aimes, alors tu as le droit de le dire, et de dire pourquoi. Et tu as totalement raison.
Mais je ne peux m’empêcher de suivre les critiques, les récompenses qu’obtiennent les oeuvres musicales. C’est plus fort que moi. C’est alors que je viens de faire une terrible découverte… Avec la crise, l’Or métaphorique, celui que l’on décerne, celui qui brille de milles feux, a perdu de sa valeur. J’étais curieux de savoir à combien s’élevait le nombre d’albums vendus pour un disque d’Or. Comprends-moi… Avec le décès de Michael Jackson, je m’intéresse davantage aux ventes des auteurs, pour voir l’écart qu’il leur manque avant de dépasser le roi de la Pop. Figure-toi qu’à chaque pays appartient son disque d’or. Le nombre d’album vendu pour être disque d’or en France n’est pas le même qu’aux Etats-Unis… Quand on y pense c’est fort logique. Cependant… lorsque l’on fouille un peu, et qu’on creuse le problème en France, depuis 2006, la valeur du disque d’or a été divisée par deux! Alors qu’il fallait en 2005 100 000 albums vendus pour être disque d’or, depuis juin, seuls 50 000 suffisent. “La faute à la crise de l’industrie du disque” scande Libération. L’appellation n’est pas une récompense au mérite de l’auteur, loin de là, mais plus un argument commercial pour doper des ventes déjà, à priori bien entamées. À quoi donc se fier? À un label commercial mouvant, à des critiques un peu trop calés dans une technique d’analyse précise?
Finalement je pense que tu as raison. Le ressenti appartient à chacun. Plutôt qu’accorder parole d’or aux critiques, il vaut mieux s’attacher à ce que l’on aime, et se laisser conseiller -plutôt que guider- par les avis extérieurs. Cela évite l’uniformisation des goûts et développe à la place une merveilleuse diversité qui offre à la musique (et aux autres) toute leur puissance.
Bien à toi.